Le 3 mars 2008, l'exploitation de la Centrale du Peignage a cessé. Au cours de cette opération, un film a été tourné par un des technicien d'EDSB, et M. Lanteri (Briançon Infos) a réalisé deux interviews. Revivez ces instants ici.
Le barrage de Pont Baldy est le principal ouvrage de production d’électricité d’EDSB avec environ 18 millions de kWh produits par an.
L’eau de la Cerveyrette est tout d’abord stockée dans une retenue (le réservoir) qui représente un volume de 1 million de m3.
Par l’intermédiaire d’une vanne une quantité d’eau contrôlée est libérée dans le canal d’écoulement de l’eau (appelé aussi conduite forcée). Il est ainsi possible de choisir à quel moment on souhaite produire de l’électricité et de moduler les quantités produites.
Le débit d’eau (4m3/s ici) et la hauteur de chute (123 m de dénivelé entre le barrage et l’usine de Pont Baldy) détermine la puissance de l’installation (4500 kW dans ce cas).
L’énergie cinétique de la masse d’eau est transformée en électricité grâce à une turbine mise en rotation par la circulation de l’eau et à un générateur dont le rotor est placé sur le même axe et entraîné par la turbine.
L’énergie électrique produite par le générateur est ensuite transformée à la tension de 5500 Volts puis transportée via une ligne haute tension à proximité des lieux de consommation.
Le principe est le même pour les micro-centrales de la Schappe (6 millions de kWh/an) et du Randon (12 millions de kWh/an) qui fonctionnent par contre « au fil de l’eau » c'est-à-dire sans retenue. L’énergie produite à un instant donné dépend directement du débit de la Durance (pour la Schappe) et de la Cerveyrette (pour le Randon).
En 1850, les précurseurs Frères CHANCEL substituèrent pour leurs installations de la Schappe, le peignage manuel de la soie par le peignage mécanique, utilisant pour ce faire l’énergie hydraulique.
Un développement foudroyant de la production s’ensuivit,
au point qu’en 1862, la soierie des frères CHANCEL passait
pour la plus grande usine des Alpes françaises.
L’eau nécessaire à l’usine hydraulique du Peignage
fut captée en Durance à l’amont du lieu-dit Roche
Percée et amenée au Peignage par un canal à ciel
ouvert et un aqueduc toujours visible aujourd’hui dans le parc de
la Schappe. L’eau abandonnait son énergie au contact d’une
roue de bois à augets sur l’axe de laquelle étaient
clavetées des poulies de fort diamètre entraînant
à leur tour par courroies motrices les métiers à
filer et à carder.
Ce système hydro-mécanique donna toute satisfaction pendant une quarantaine d’années, jusqu’à ce que naisse l’idée d’utiliser plus rationnellement cette énergie sous forme d’électricité.
En 1914 fut mis à l’étude un projet de captage au
hameau du FONTENIL, avec la création d’une chute d’une
trentaine de mètres le plus près possible de l’usine
utilisatrice, soit le site de Roche Percée dans la Parc de la Schappe.
Interrompu deux à trois fois par la première guerre mondiale,
ce programme fut repris dès 1917 par la construction du barrage
et le percement de la galerie d’amenée d’eau.
L’ouvrage d’une longueur de 1 200 m, pour une section de 1,80m
de haut, permettait d’amener un débit d’eau de 3,2
m3/s à la chambre de mise en charge de Roche Percée, entièrement
creusée elle aussi dans la roche.
Parallèlement à ces travaux, était construite la
conduite forcée en ciment ainsi que la centrale équipée
de deux turbines Francis horizontales accouplées chacune à
un alternateur de 400 kVA .
Dans le même temps, l’Usine Hydro-Mécanique du Peignage, était elle aussi rénovée au profit d’une installation hydro-électrique réalisée par la Société NEYRET - BELIER - PICTART - PICTET qui étudia puis mis en place une turbine Francis double de 250 chevaux accouplée à un alternateur de 200 kVA.
L’ensemble de ces travaux fut réalisé de main de
maître et début juillet 1920 les groupes de Roche Percée
entraient en service. La centrale du Peignage, qui utilise l’eau
restituée en sortie de Roche Percée, entrera pour sa part
en service en 1922.
En 1933 survint le déclin de la fabrication locale de la soie,
les besoins en énergie de l’usine de la Schappe diminuèrent
d’autant et les frères CHANCEL signèrent alors une
convention de vente d’énergie électrique à
la R.E.B.
Cet accord subsistera jusqu’en 1966, date à laquelle la
Régie racheta les installations de la Schappe pour les exploiter
pour son propre compte.
Depuis 1990, date de création de la société, c’est
EDSB qui assure l’exploitation des centrales de la Schappe, Roche
Percée et le Peignage.
En 2007, après 85 ans de bons et loyaux services, EDSB a pris
la décision d’abandonner l’exploitation du Peignage.
La turbine d’origine totalise plus de 700 000 heures de fonctionnement
ce qui constitue un record en la matière.
L’histoire industrielle de la Schappe continuera cependant à
être perpétuée par l’usine de Roche Percée
qui a été entièrement rénovée en 1987
et par la réhabilitation et l’extension du bâtiment
de la Schappe en préservant son architecture d’origine.

La centrale du Peignage en 2007 (agrandir
la photo)